Retour rapide sur le SONY A 6300

Possesseur d’un Sony Nex 6 depuis bien longtemps maintenant, je me suis longuement mis à étudié le marché pour voir ce qu’il se fait actuellement.

Je suis par ailleurs utilisateur de boitiers Canon (ESO 5D III & ESO 80D) lors de mes reportages. Ce n’est pas un test exhaustif, mais un retour d’expérience après deux mois passés avec ce beau joujou.

La question est déjà : « pourquoi Sony ? »

Avant mon Nex 6, j’ai eu un Sony RX 100, que j’affectionnais beaucoup. Il m’a été volé, et je cherchais un boitier compact avec un capteur de bonne qualité.

Étant depuis longtemps tout Canon, je cherchais naturellement dans cette marque. Le RX 100 très compact me permettait d’être très discret dans certains pays ou un reflex peut trop vite attirer l’attention.

Le Nex 6 était pas mal en termes de qualité, avec un petit zoom 24-70 (16-50) compact. Les défauts de cette configuration (je me mets à parler comme un informaticien) c’est le zoom motorisé (en usage photo) et un peu faible, ainsi qu’un auto focus franchement à la traine, mais à l’époque les hybrides étaient comment ça.

Je me suis donc mis à lire et relire les revues photo (Chasseur d’images, Reponse Photo et Le Monde de la Photo). Jusqu’à maintenant, Canon était dans les choux en ce qui concerne les Hybrides. Il y avait donc : Sony, Panasonic & Olympus, Fuji…

J’ai acquis la bague Metabonne MK IV qui me permet d’utiliser mes optiques Canon sur mon Nex 6. Là, je peux dire que l’AF ne marchait pas du tout, cette bague testée sur un A 6000 de Sony ne donnait pas de meilleurs résultats (ou si peu).

Par contre, sur un Sony A 6300 ou un Sony A7 R MKII c’est pleinement utilisable (ou presque nous le constaterons plus loin).

Bref, je me demandais si je passais à une autre marque pour l’hybride, ou si je restais chez Sony avec un A 6300.

Le choix

Lors de mon choix, le Sony A 6500, encore mieux, car stabilisé et avec écran tactile est arrivé… Mais décidément trop chère (1700 €) je le laisse à d’autres, même s’il est impressionnant, à même titre que le nouvel Olympus D1 MKII (2000 €). Chez Panasonic, le boitier est beaucoup plus gros, et les modèles en dessous pas assez bon pour moi. De plus le format 4/3 est plus petit et trop carré pour moi. Sans oublier la qualité des viseurs pour les boitiers moins chers. Fuji me plaisait bien, mais cher et encore plus pour les objectifs, sans oublier son format spécifique qui complique un peu la chose pour le traitement des RAW. Et puis les optiques, superbes de Fuji ne sont pas si compactes…

Arrive alors le Canon M5, tout nouveau et tout beau. Je suis Canon, tout est bon… Pas vraiment, je le teste au salon de la photo et je ne me fais pas à l’ergonomie (prise en main, poignée, boutons…). Et puis je suis avec un EOS 80D et le capteur 24 M pixels me déçoit un peu. Surtout à hautes ISO. Nous avons un capteur très semblable sur le Canon M5. La vidéo, même si je ne la pratique pas beaucoup, je commence à apprécier la qualité en 4 K de mon Sony, et je me suis dits à l’époque qui peut le plus, peut le moins. Donc la 4K a été un facteur déterminant. Bref, je n’ai pas réellement tenu compte des notes sévères attribuées par les revues. C’est avant tout l’ergonomie et la non-stabilisation du capteur qui a occasionné cette dureté dans le jugement. En ce qui concerne les résultats des images, c’était plutôt pas mal du tout.

Comme tout choix est un renoncement, j’ai donc décidé de ne pas prendre le Canon et de renouveler mon Sony pour un A 6300. Et comme au salon il y avait promo sur ce modèle (moins de 1000 €), j’ai craqué avec un Sigma 30 mm à 1,4 F.

Mon Flux photo

Il faut ici que j’explique aussi mon flux de photo dans mon ordinateur. Ça fait des années que je cherchais une solution pour gérer mes images et les traiter.
J’ai commencé, comme tout le monde, par les mettre en vrac dans des dossiers et des sous-dossiers, avec les événements, les dates et tous et toutes et surtout plus du tout… Car à la fin ça va plus trop. Donc une solution de gestion des images et de traitement serait plus judicieuse. J’ai donc commencé par Aperture 1 puis 2 et enfin 3 (après ça se gâte, il a été abandonné, merci Apple). Je suis donc passé à LightRoom, qui est très bien… Sauf que je préfère maintenait le traitement de Capture One (même si pendant longtemps DXO a tenu la corde).

Bref, et ça a son importance, je travaille toujours (ou presque) en RAW que je traite sous Capture One, les résultats sont beaucoup plus sympas, et plus rapidement que sous LightRoom en ce qui me concerne. Il a fallu une période d’adaptation tout de même, car Lightroom est plus facile d’accès.

En ce qui concerne le rangement de mes images, je suis encore sous Lightroom. Et puis je ne dis pas que je n’utilise pas de temps à autre LR, je forme tout de même des gens sur ce produit, plus faciles à s’approprier.

Premiers retours sur la bête.

Revenons-en à mon Sony A 6300…

Je suis contant de l’ergonomie, un viseur en coin me va bien, je trouve ça beaucoup mieux, mais les gouts et les couleurs… L’Autofocus est vraiment très sympa, très réactif, que ça soit sur mon 16-50, mon 30 mm et même pas trop mal sur mes optiques Canon (malgré quelques limitations évoquées plus loin).

Les images, et c’est sans doute le plus important, sont bonnes.

Les menus

Ce n’est toujours pas du menu à la Canon, mais par rapport au Nex 6 il y a de beaux progrès (pour avoir testé le 6500, ce dernier fait encore mieux).

J’ai étudié le mode d’emploi, commencé à paramétrer mon boitier, et je suis bien contant de mes réglages.

Prise de contrôle à distance

Les boitiers Sony ont leur application pour tablettes et téléphones Android et iOS. Lors des premiers testes, je trouvais les fonctionnalités proposées franchement basiques, pour ne pas dire minimalistes. Mais en faisant la mise à jour de l’appareil photo, de l’application de prise de contrôle à distance sur le boitier et de l’application sur la tablette, les fonctions se sont multipliées… Enfin, il faut rester raisonnable, car pour d’autres marques (Canon et Nikon) les possibilités sont plus étendues tant aux fonctionnalités que dans le choix des programmes.

L’écran & le viseur

Je préfère les écrans qui basculent, car ils ne dépassent pas trop du boitier, pour être discret c’est mieux. Le défaut de ce système apparait lors de cadrages verticaux. De plus les écrans brillants sont pour moi franchement pénibles, les reflets son vite gênants, mais bon c’est apparemment la donne.

Le viseur, comme pour beaucoup il est dans la moyenne, pas génial, mais pas catastrophique non plus.

L’autonomie de ce boitier est d’environ 400 vues, je n’utilise quasiment jamais le flash. Les écrans consomment beaucoup.

Par contre je peux dire qu’en faible lumière, le viseur est vraiment confortable. Lors de prises de vues dans un manège (avec des chevaux et des poneys pas dans une foire ;), je travaillai avec mon Sony A 6300 + 70-200 F4 de Canon. Lorsque je suis passé au Canon EOS 5D III, je me suis dit un instant que j’avais un filtre polarisant qui m’assombrissait la visée. En cas de faible lumière, le viseur du Sony est vraiment bien meilleur. Par contre mon couple Boitier Sony Bague Metabonne Objectif Canon avait plus de mal à suivre le sujet et à l’accrocher.

La bague Metabonne MK IV

Vraiment une prouesse que cette bague, les automatismes d’exposition marchent bien, le diaphragme est bien géré, et l’autofocus marche bien sur les optiques EOS que j’ai peu tester tel que 70-200 & 24-70 F de Canon, le 50 mm 1,8 STM et le 85 mm 1,8 de Canon, le 15-30 de Taron et 17-70 de Sigma. Certes, l’ensemble est alourdi par la bague, c’est surtout visible pour des petits objectifs (le 50 mm et le 17-70), mais ça marche. Alors, où est le loup ?

Et bien ça dépend de ce que vous faites et des fonctions que vous souhaitez utiliser.

Prenons le 17-70 de Sigma, l’autofocus est bon en AF-S (one shot sur canon) et AF-C (Continu), mais le mode AF-A (Servo) est inaccessible. De même le mode DMF ne marche pas, mais c’est assez logique, car l’objectif ne peut retoucher le point, pour cela il faut passer en manuel par l’interrupteur sur le zoom.

Plus mesquin est le fait de ne pouvoir utiliser cet objectif lorsque je travaille avec l’application Braketing de la mise au point, au final, l’autofocus est un peu moins rapide, mais très suffisant dans la plupart des cas, même en vidéo.

Sur le Sony A7R II lAF a l’air de mieux fonctionner, et sans doute aussi sur le Sony A 6500.

La bague Sigma

Metabonne a été le premier à sortir une bague efficace pour monter des optiques Canon EOS sur des Sony (NEX, A et 7). Ils ont fait des progrès depuis les premières versions, et en plus sont plus faciles à mettre à jour depuis la dernière version. Le produit est cher environ 400 $. Sigma a sorti un produit analogue, apparemment un peut meilleur et moins chère, par contre il n’est validé par Sigma que pour les objectifs Sigma en montre Canon et Sigma…

Je commence à voire des confrères passer en Sony, et utiliser cette bague, pas eu d’écho négatif pour le moment. Ce qui n’est pas le cas pour des bagues plus low-cost qui peuvent apparemment poser des problèmes sérieux soit aux boitiers, soit aux optiques. Tout a un prix, on en a pour son argent.

Le focus Braketing

Ce système permet de réaliser une première photo avec la mise au point sur l’endroit sélectionné au préalable puis deux autres photos avec un décalage de mise au point en avant et en arrière du sujet, ici Sony nous donne trois décalages possibles.

L’intérêt de cette fonction peut se trouver dans la prise de vue d’objets reprochés à main levée, il y a toujours un mouvement possible entre la mise au point et le déclenchement. Le second avantage, c’est dans l’utilisation de logiciels pour le focus starking, il est alors aisé de mixer les images pour augmenter la zone de netteté en cumulant les trois plans nets.

Panasonic et Olympus ont de meilleures solutions dans ce domaine. Et Canon avec une tablette Android permet aussi d’avoir ces fonctionnalités pour un prix modique (10 €) avec plein d’autres fonctions en plus.

Le support Sony

J’ai eu des échos moyens de Sony sur son support, et je peux le confirmer, même s’il n’y a pas mort d’homme ;). Souhaitant installer des applications sur mon boitier, je me connecte au site Sony. Il y a des fonctions qui peuvent être greffées et donc améliorer les fonctionnalités de mon boitier. Braketing spécifiques, Time-lapse, HDR, Cinématique, etc.

L’idée est bonne, les fonctions sympas. Mais, car il y a un « mais »… voir plusieurs.

Primo, d’autres constructeurs mettent à disposition gratuitement de nouvelles fonctions dans les mises à jour. C’est le cas d’Olympus qui permet d’améliorer les fonctions existantes et d’en ajouter d’autres. Quand j’achète un boitier à 1000 €, la fonction Time-lapse à 10 € c’est mesquin ! Bon, admettons, il faut bien vivre.

La relation client 😉

Là où ça devient pénible, c’est la mise en place de ce système, j’y ai passé des heures pour installé, une bête application. Et au moment de payer, pas possible. J’envoie un email, dépité et demandant de l’aide… La réponse dépasse toutes mes espérances, non la je blague, en fait je suis deux fois plus dépité ! Sony me réponse en me remerciant de les contacter, mais que je me suis trompé de service et qu’il me faut retourner ce mail au bon service. Argh, mais c’est la seule adresse mail que j’ai trouvée sur leur site. En fait, c’est débrouillez-vous, circuler, il n’y a rien à voir.

Petite comparaison avec un éditeur canadien de logiciel photo, spécialiste en gestion d’images, Acdsee. Là aussi je leur écris, et là aussi le service n’est pas le bon, mais au lieu de me laisser de débrouiller tout seul, ils ont l’amabilité de faire suivre le mail au bon service et de me le signaler. C’est pour moi une meilleure prise en compte du besoin client. Dans un cas je ne peux pas acheter mon produit, dans l’autre si. Tout est dit.

Je me dis qu’en cas de problème avec mon boitier… je n’y pense même pas.

Bon finalement, si je ne peux payer avec une carte bleue, ou mon compte PayPal, je peux encore le faire avec mon téléphone, ouf. J’ai donc peu dépensé sereinement mes 5 € pour une petite application. Mais il faut vraiment être têtu avec Sony, car ils ne vous aident pas.

Conclusion provisoire

Ça fait bientôt deux mois que je fais des images avec mon Sony A 6300 et en ce qui concerne le boitier, au global, je suis très satisfait. Mon EOS 80D dort dans un placard, je suis souvent avec mon Sony et lors de reportages pros, je prends mon ESO 5 D III. Mon EOS est supérieur en ce qui concerne les ISO élevées, et l’AF en basse lumière ou pour le suivi de sujets en déplacement (mais il faut dire que j’utilise ma bague et mes objectifs canon sur mon Sony).

L’ergonomie est pas mauvaise, la taille du boitier est réduite, mais tout en me permettant une bonne tenue en main.

Et j’oubliais, ça peut paraitre anecdotique pour certains, mais les images sont bonnes, j’en suis très contant. Même en JPEG.

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